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Le poème des amoureux

Le beau soleil, le jour de saint Valentin,
Qui apportait sa chandelle allumée,
N'a pas longtemps, entra un beau matin
Privéement en ma chambre fermée.
Cette clarté qu'il avait apportée,
Si m'éveilla du somme de Souci
Où j'avaye toute la nuit dormi
Sur le dur lit d'Ennuyeuse Pensée.

Ce jour aussi, pour partir leur butin
Des biens d'Amour, faisayent assemblée
Tous les oiseaux qui, parlant leur latin,
Criayent fort, demandant la livrée
Que Nature leur avait ordonnée :
C'était d'un pair, comme chacun choisi.
Si ne me peux rendormir, pour leur cri,
Sur le dur lit d'Ennuyeuse Pensée.


Lors en mouillant de larmes mon coussin
Je regrettais ma dure destinée,
Disant : "Oiseaux, je vous vois en chemin
De tout plaisir et joye désirée,
Chacun de vous a pair qui lui agrée,
Et point n'en ai, car Mort, qui m'a trahi,
A pris mon pair, dont en deuil je languis
Sur le dur lit d'Ennuyeuse Pensée".

Saint-Valentin choisissent cette année
Ceux et celles de l'amoureux parti.
Seul me tiendrai, de confort dégarni,
Sur le dur lit d'Ennuyeuse Pensée.

Charles d'Orléans


 
Dernière modification : 05/11/2009